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Human Friendly IndeBlog

17 avril 2006

La ronce s’effleure bleue

alyzza33

Nous aurions pu nous interroger avant, mais nous aurions certainement pris peur.
On a enterré notre après et on exhume à présent l'impalpable manque de peau.
Seulement j'aime mieux cramer comme ça que mourir de nos regrets à petit feu.

Le trouble est né lorsque l'on s'est séduits, chacun égaré et surpris, il y a presque longtemps déjà. L'occurrence et le moment n'étaient pas les nôtres, il y avait la mienne et il y avait le tien. On avait alors préféré s'effacer, mais nos beaux soucis n'ont jamais su s'évanouir, je crois même qu'ils ont mûri à notre insu. Bien sûr des doutes se sont posés sur d'autres sincérités, bien sûr, c'est légitime même si pourtant…
Il n'a fallu aucune raison, la circonstance s'est simplement permise d'exhiber ce moment à nos désirs réenchantés. On s'est fait cueillir par ce larcin que l'on avait cru malsain, l'issue nous est apparue fatale, la consumation inéluctable, il nous fallait une date de préhension pour faire valoir notre droit de préemption.
Je t'ai offert la visite de toutes nos envies, tu me l'as rendue de tous nos plaisirs.
Si tu me dis « viens ! », je viens...

J'attendais ta rouge ardente à cette aire hors de mon état, déjà dans ton royaume, mes repères faussés, ma frousse et ma fatigue noyées dans la nicotine, le guarana et la caféine. Le premier abord n'a pas menti, le contact fatidique de nos corps, l'étreinte franche de nos yeux. Je me suis laissé mener jusque chez toi.
Tu m'avais délicieusement cuisiné, on s'est observés, parlant, savourant et buvant, transpirant nos tentations en proies à nos convoitises. Et le charme n'a cessé de croître. A peine nos corps rassasiés, l'envie était déjà trop forte de nous dévorer et de nous abreuver à nos bouches. Tellement naturellement. Pas même le temps d'y songer. Deux corps cherchant à s'apprivoiser au travers de leurs frusques, un duo prêt à improviser toutes les frasques. Sous nos lèvres insatiables, nos sexes s'échauffaient l'un l'autre malgré nos denims, nos mains cherchaient la peau au visage, au cou, et à la taille en voulaient plus. Nos jambes s'affrontaient et s'emmêlaient pendant que nos bustes se serpentaient. On a chenillé hors de nos fringues comme on quitte une chrysalide pour s'envoler. Je me suis raccroché au métal de ta nuque tandis qu'à mon cou le mien t'a plu. Sous celui entreprenant de ta langue mon corps s'est laissé glisser, et ton dos m'a révélé ses pigments à ravir. On a laissé nos corps se reconnaître enfin, ils semblaient se connaître déjà. Plus que de plaisir nos âmes se sont mêlées pour nous le faire sentir encore plus fort, et plus fort encore. Avec nos anges et nos démons nous étions nombreux à froisser tes draps, à élimer nos vices et à polir dans nos ventres les dons des papillons.
Deux mains ne suffisent pas à toucher du doigt nos ébats.
Pour autant nos gamelles et nos flacons n'ont pas à rougir de leurs plaisirs donnés.
De nos mélanges les plus doux et les plus épicés, au gingembre de mon rhum glacé et au rhum de tes oranges givrées. Par ces grains plein de jus partagés à pleines bouches. Par cette crème irlandaise enivrant nos lèvres et nous comblant de volupté. Par ce noir fondant dont tu t'es délecté sur moi lascif, me régalant de ta gourmandise. Par ces si fines bulles de passions en flûtes, quand sur toi mouillée s'exaltaient mes mains en bulles de miel.
De l'amer et du suave à nos saveurs capiteuses, à nos parfums apaisants.
A la lueur de bougies, dans nos fumées vertes et bleues, je nous revois en mélodies.
Ton cou s'offrant en frissons crus à ma bouche et la tienne s'affichant en murmures. Tes joues pimentées et brûlantes sous les miennes rafraîchies de sueur. Nos regards s'excitant l'un l'autre avant de s'évanouir en plissements. Nos souffles râlés, nos soupirs geints. Ta gorge déployée sous la volonté de mes reins. Ton corps qui se recroqueville quand ta main cache ta bouche, puis qui m’encercle et m'inonde quand avec violence nos mains agrippent, comme si l'on pouvait se rapprocher davantage, comme si l'on se voulait nous en un. Nos chairs bleues éreintées, mes dents saignant nos désirs, ta bouche à point d'une envie de supplice. Mes doigts insinuant le feu et tes ongles déchirant mes sens. Nos respirations animales, comme des machines à éviter l'asphyxie. Nos viandes parfaitement brûlées aux flammes de nos plaisirs, nos fibres ravissantes, braisées, brisées et exquises.
L'attendrissement de nos muscles, la délicatesse et le dévouement de nos caresses.
Ces égards à nos rebords les plus doux sur la langueur de nos dénouements sublimes.
Du bout des doigts j'effleure les entrelacs bleutés de ton creux d'airain, y suis la ronce jusqu'au feuillage de tes jais jetés là, m'y vautre les lèvres les premières et y récolte les gouttes salées. Toi, tu m'effleures et bleuis mes veines du moindre tact, c'est parce que sous ta peau de lait bouillonne un sang sucré salé d'italienne wallonne.
Visitons-nous à nouveau in extenso. Susurre-moi encore « encore ! »

Quand nos deux corps affleurent de nos gestes les plus tendres tes yeux me parlent, de pétillements en sursauts de sourcils et soubresauts de cils, sourd, je fais celui qui sait pâlir, mais dans les miens tu sais le voleur de baisers.
Pour chacun de nos frissons cela valait la peine de regretter aujourd'hui l'absence de nos délices. Les papillons ne sont pas morts mais sont redevenus chenilles à grignoter nos ventres jusqu'à la prochaine métamorphose, le cercle est vicieux, et ces myosotis n'étaient sûrement pas dans ta cour par hasard.
On ne badine pas avec ces choses-là, paraît-il…

Tu vois mia Maï, je crois que je me suis piqué à ta ronce.
Et je sens qu'elle va encore longtemps me griffer l’échine.

mix à 00:56



    17 avril 2006

    chaque mot lu est un papillon qui crie de toi.. chacun de ces souvenirs m'arrache un désir de toi.. ce supplice m'est jouissivement cruel.. .. .. jamais mes encores n'auront été teintés d'autant d'envie.. je ne pourrai m'empecher de te le dire.. viens!

    ! à 01:45

  • 17 avril 2006

    Quelle ô, raison.

    Garg à 17:25

  • 18 avril 2006

    Hum... j'en connais des qui devraient en prendre de la graine... de ronce.

    Marie à 10:43

  • 18 avril 2006

    Vous cultivez donc un beau jardin

    Roger à 15:02

  • 19 avril 2006

    Merci de nous faire partager un tel moment.
    Et si bien.
    Beau, beau texte !

    > Et je sens qu'elle va encore longtemps me griffer *l’échine*.

    Soyons clairs : je n'y suis pour rien du tout ! ^ ^

    Echine à 18:04

  • 20 avril 2006

    Ils s'aiment!

    Pupuce à 20:45

  • 24 avril 2006

    :]

    Folie Privée à 11:58

  • 26 avril 2006

    Sensualité quand tu nous piques !

    Anitta à 14:12

  • 27 avril 2006

    Toi ! je pourrais bien encore t'écouter, alors chhh...

    Garg,
    Une Histoire d'O sans raison, une histoire d'horizons même.

    Marie,
    On peut leur donner des noms d'oiseaux peut-être ?

    Roger,
    Je crois qu'on va le garder en friche, et juste en recueillir les fleurs sauvages.

    Echine,
    Merci ! Et nous sommes bien d'accord, mon échine

    Pupuce,
    La paquerette s'effeuille blanche, pour voir...

    Folie,
    :*

    Anitta,
    Le juste mot... sangsues alitées...

    mix à 14:22

  • 28 avril 2006

    C'est beaucoup trop calorifique ! Tu veux foutre en l'air (inserez ici la blagounette ) mon plan minceur pour l'été ou bien ?

    "nos mains cherchaient la peau au visage, au cou, et à la taille en voulaient plus"

    J'ai toujours eu du mal à comprendre/accepter ce sentiment de frustration qui s'empare de nous au moment même où notre corps se sature de l'autre et que nos mains cartographient à en affoler les géographes.
    Au beau milieu de la frénésie, lorsque les dents se font crocs, on se met à souffrir, à vouloir dérouler la chair en tapis pour s'y vautrer, dément, convulsif.
    Les prises se dérobent et on se tordrait de douleur face à cette fuite, ce manque dans l'abondance...

    Joseph Pujol à 19:02

  • 28 avril 2006

    Joseph, boulimique de la fesse.

    Marie à 19:52

  • 30 avril 2006

    Merci pour ce texte erotique, cher jardinier des corps. Tu devrais arroser plus souvent.

    Miss_Blandish à 15:51

  • 01 mai 2006

    Ce n'est pas sale, ton corps change.
    Tiens, regardons deux papillons.

    Ataraxie à 00:35

  • 01 mai 2006

    marie-> alors imagine quand il y en a deux...

    Joseph Pujol à 11:59

  • 02 mai 2006

    un peu,
    beaucoup,
    passionnément...

    Mix, où te caches-tu?

    pupuce à 10:00

  • 03 mai 2006

    J'présage
    Qu'c'est pas dans les plis de mon cotillon
    Ni dans l'échancrure de mon corsage
    Qu'on va à la chasse aux papillons

    Miss_Blandish à 20:36

  • 05 mai 2006

    quelqu'un l'aurait tué?

    Alyzarine à 13:03

  • 05 mai 2006

    Harry ?

    Miss_Blandish à 18:17

  • 12 mai 2006

    si lui n'est pas mort, moi, je le serai bientôt à force de lire ce silence..

    Alyzarine à 16:56

  • 12 mai 2006

    quand on se pique à une ronce, faut appuyer sur la piqûre, pour en extraire quelques gouttes de sang - et sucer un peu, tout p'tit peu, - ou sauvagement

    piccolofio à 21:36

  • 13 mai 2006

    Vous savez bien qu'il m'arrive d'être "off", j'ai de gros problèmes de connexions.
    J'te dis qu'ça passe comme excuse, d'autant que ce n'est pas totalement inexact.

    En tout cas merci.
    Merci pour les fleurs, merci pour les bonbons, merci de ne pas vous faire vomir, merci Doc, merci Georges, salut Harry... aïe ! pas sur la tête...
    Et merci pour les sustentations caloriques et les suce-tentations calorifiques.

    Je tiens à préciser que les personnes en partie décédées pour les besoins des commentaires ne l'ont été que de petites morts.

    mix à 01:13

  • 13 mai 2006

    Bon.
    Rassurée par ce mot noctambule.
    Quoique rassurée ne soit ni de ton vocabulaire ni du mien.
    Mais quand même.
    T'es là... quelque part... vivant...
    Tot le monde ne peut pas en dire autant.

    Tu veux quoi pour l'album de Juin ?
    Je te le fais cadeau pour peu que tu nous régales d'un billet où les lianes des sens s'enrouleraient autour des colonnades de l'esprit...

    Fugitive à 19:03

  • 16 mai 2006

    Pour le moment je suis dans les orties, ça pique et je sais en faire que de la soupe.

    Pour ton album de juin, tu devrais savoir que je préfère avoir la surprise, une chance de découverte.
    Faut que je renouvelle moi aussi d'ailleurs.

    Let's rock baby!

    mix à 11:28



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