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30 octobre 2007

Madrigalant parfum

I

Peu m'importe celui que tu portes
Et qui m'attise de gourmandise ;
Bien au-delà, celui qui m'emporte,
Est celui qui te rend plus forte
A mon cœur contre toute hantise.

C'est lorsque ta peau se déshabille
Des parfums sucrés et composés,
Que je chancelle et que je vacille,
Comme Advocaat et crème vanille
Sous les chaleurs de ton été.

C'est de ton âme que s'exhalent
Ces fortes et douces voluptés,
Dont j'ai, loin de toi, le mal,
Et d'une agonie le râle
De ne pouvoir les déguster.

Mais heureux je n'ai de ton odeur,
Comme Grenouille, mémoire parfaite ;
Et je ne souhaite contre mon cœur
Aucune fiole pleine de terreur ;
Le parfum seul serait défaite.

II

Comme le goût plaît à une texture,
A la senteur convient un vecteur ;
Souvenir d'effluve n'est que fêlure,
Mais des effets l'idée perdure
Et des sens efface la fadeur.

Il me suffit, les yeux fermés,
De promener, nez à ton cou,
D'en inhaler tous les attraits ;
De sentir comme ton sang battrait
Et c'est le mien qui devient fou.

Je rêve tes cils qui me palpitent,
Qu'ils aient d'envies les étincelles
Ou d'une ombre sombre crépitent ;
Qu'ils m'étreignent d'excitantes pépites
Ou se courbent sous mes ritournelles.

Si je n'ai pas de ton parfum
Une mémoire assez parfaite,
De ses effets le souvenir ne feint ;
Et sur l'ultime page, presque défunt,
Le respirer encore est ma requête.

mix à 16:33