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Human Friendly IndeBlog

10 janvier 2007

Ville d'eau

C'est une charmante petite bourgade normande, où les animaux se promènent à poils aussi bien en laisse, qu'en harnais ou que sur les épaules de ces dames. Et que je t'en frime de la bagnole, casino et boutiques prout-prouts, et que je te stéréotype et que ça sent du snob. Et que je te bombe sur la tête à défaut d'être sur la plage, c'est pas trop la saison des petits itsi bitsi tini ouini, tout petits, petits bikinis. Y'a la mer bio gris-marron qui tire son épingle du jeu, et on marche sur les planches ça évite de se mettre du sable dans les godasses. Tu me diras que ça, à la limite je m'en fiche, je porte pas le mocassin pieds nus et mes godillots montants me préservent de cette éventualité désagréable. Les bottes de ma comparse également, mais les talons c'est moins glam' dans le sable. Y'a des noms de célébrités peints sur les trucs, là, devant les cabines, alors on commente et c'est la rigolitude. C'est royal. Chez moi, en général, on trouve plutôt des bouteilles de Bürksbier, vides et abandonnées sur le bord des trottoirs, mais ici c'est des bouteilles de champ'. C'est classe. Au resto, forcément on attend un peu plus que la fourrure qui tape la bise au viking, mais spagrave, on lui en veut pas nous ça nous fait des trucs à rire en attendant. Cinq minutes de plus et on allait se les pêcher nous-mêmes, nos huîtres et nos poissons. Ensuite on aurait même pu faire le voyage jusqu'à Chablis, on est des oufs, bref !
L'hôtel est une grande et très jolie bâtisse typique de la région, les maisons d'à côté également et celle d'en face est celle de Dieu. On a même failli s'incruster à la cérémonie qui s'y jouait à notre retour de la plage, c'est pour dire, mais on les a vu emporter la bière dans un véhicule frigorifique et ça n'avait pas l'air d'être du goût de tout le monde, vues les tronches pas trop jouasses. Comme quoi y'a pas que mes vieilles docs qui sont funèbres. Ouais je sais, tout ça n'est pas du mauvais goût de tout le monde, bref !
L'endroit est des plus agréables, c'est le moins que je puisse dire, et en plus la porte de l'hôtel est automatique, mais à battant. Vindiou ! Dedans, il paraît qu'il y a plein de trucs distrayants et dehors j'en parle pas, ça caille et y'a un vent qui écorne... de brume, wouah la vache ! Non, mais nous c'est la chambre qui nous intéresse de toute façon. Classieuse. Mais les miroirs en face du lit c'est pas trop feng-shui en fait. Pourquoi pas au-dessus tant qu'ils y étaient. N'empêche, tu rajoutes une cuisine et un placard pour la culture hydroponique et je m'en fais un appart' moi, de cette piaule de luxe avec option poule de luxe. Oui, ta mère oui, je sais. Bon, je passe sur le jacuzzi, n'est spa qui veut, que l'on a testé après la balade et sans se faire prier, vu qu'on y est pas allés, à la surboum d'en face. On l'a pas testé jusqu'au bout pour ne pas attraper une poichichstite aiguë, mais nous nous sommes appliqués dans la foulée au premier test de literie. Dure, ferme, c'est comme ça qu'elle les aime m'a-t-elle dit et ça tombe bien. Enfin non, pas là. Je passe aussi sur le test de profondeur de pénétration dans le canapé, que j'ai effectué seul alors qu'elle ne pipait mot, trop occupée à tester l'ouverture des peignoirs. Et on a pas testé les chaussons parce que faut pas déconner. Donc on avait déjà pas mal bossé avant le resto, mais quand on a vu l'ampleur de la tâche qu'il nous restait à accomplir au retour, on a commencé par tester le gin sorti de la valise, pour épargner le mini-bar, en testant la télé. Les tests se sont prolongés tant que les résultats ne nous ont pas satisfaits. Le film était glauque mais on l'a quand même testé jusqu'au bout comme des cons, pis on avait même pas testé le début, ensuite la retransmission de Questions pour un réveillon nous a propulsés dans la quatrième dimension. Tiens c'est peut-être ça qui aurait pu nous sauver, un épisode de Twilight Zone. Ou de Toilet Zone, vu notre goût commun pour les deux lascars. Bref ! La France aux chansons, ça on a pas pu. Mais quelle heure peut-il bien être pour qu'ils repassent des trucs comme ça ? Ah oui, quand même. Bon, sur le gin, bizarrement, on a pas poussé le test très loin. Mais c'est qu'on était pas encore sortis de l'auberge, et heureusement vu qu'il nous restait des tests de literie à pratiquer. Alors on s'y est mis dare-dard et de très bon gré. J'aime tester avec elle, mais le temps passe vite. Et c'est vers le milieu de la nuit, alors que l'on observait religieusement les résultats d'un test très approfondi, que l'on a entendu tester dans une chambre adjacente. Des testeurs professionnels à en juger par la densité du test pratiqué. Un test qui semble-t-il aboutissait à des résultats très positifs à entendre le lyrisme de la testeuse, une soprane. Alors pouvions-nous dans ces conditions nous en laisser conter pour solde de tout compte ? Moi je dis non. On a sa fierté. Et on a beau pratiquer la chose en dilettante, on en est pas moins bons testeurs. Alors une clope, un gin, et en avant le test crucial de fiabilité litière. Et je dis pas ça parce qu'on sentait venir potron-minet, ce fut plutôt doggy style en fait, bon bref ! Paris avait dû commencer à s'éveiller depuis une bonne demi-heure lorsque nous nous sommes assoupis.
Au réveil, l'idée d'aller zieuter dans la salle de petit-déj' à la recherche curieuse de cernes à la démesure de nos valises nous a bien traversé l'esprit, mais nous n'avions aucune raison de les croire plus idiots que nous, le service en chambre étant disponible bien plus tard que celui en salle.
Ah ben voilà, l'analyse des résultats des tests vient de tomber et l'ensemble est plus que concluant : le cadeau était magnifique. Vraiment, merci...

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08 janvier 2007

Excuse-moi

Si j'éprouve
L'égoïste besoin de te dire encore à quel point je ne peux exprimer cet affreux manque de toi.
Si j'éprouve
Chaque jour mes pensées douloureuses aux parfums capiteux de nos accords à corps perdus.
Si j'éprouve
Avec désinvolture d'autres amours délicieuses que je sais pertinemment compromises d'avance.
Si j'éprouve
Encore et encore ton cœur à ne pas savoir comment m'effacer de ton corps et de tes pensées.
Excuse-moi.

Et toi aussi, de ton amour délicieux excuse-moi...

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Vampire bite

neck  Sans connaître encore la douceur de tes crocs
  J'ai posé leur empreinte à la chair de mon cou.
  Je savais que ta simple lueur me rendrait flou
  Et je connaissais la teinte et le clair de l'accroc.
  J'avais déjà de toi l'effroi d'un métal à ma peau
  Sans même avoir goûté la chaleur de tes ajouts.
  Ce cou qui ce soir me brûle de n'y sentir ta joue.
  Ce coup si cruel de ne pas nous réjouir si beaux.
  Mon sang mêle un goût de pétales à mes maux

   Que je crache en fumée dans des larmes d'alcool, et je ne cesse de mourir de nous.
   Tandis qu'à ta bouche perlent encore les gouttes sures de ta morsure, j'en suis sûr...

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29 décembre 2006

désinvolture, négligence

« La désinvolture et la négligence se manifestent par le même laisser-aller apparent. Mais dans un cas il y a du caractère ; dans l'autre, seulement une insouciance méprisable. Tout est dit : la désinvolture est un art ; la négligence est un tort.
Il y a moins, dans la désinvolture, une volonté mal intentionnée que l'expression naturelle d'une sorte de je-m'en-foutisme gentil et élégant (...). Dans la négligence, on ne trouve que le vide de l'omission stupide (...) et les signes d'un cerveau ou bien inattentif ou bien peu lumineux (...). Ni l'une ni l'autre ne sont volontaires, mais la désinvolture se cultive alors que la négligence « se néglige » — l'une serait davantage « consciente » que l'autre.
Est
désinvolte celui qui — sans effort — fait de son apparent désintéressement une manière d'être au monde ; est négligé ou négligent celui dont la bêtise ne lui permet pas d'apprivoiser son défaut — encore faudrait-il distinguer les deux formes de l'adjectif : la première focalise les regards sur le paraître de l'individu (...) ; la seconde, sur l'attitude de l'individu envers l'extérieur (...).
La
désinvolture est un style de vie ; la négligence, une vie sans style. L'une n'est pas dépourvue de grâce (...) ; l'autre reste bloquée au manque d'application (...). Une règle n'étant rien sans exception, personne ne confondra une « femme négligée » avec une femme « en négligé » : voilà un cas de « négligence soignée »...
L'indifférence de l'être
négligé est alarmante de vérité (« négligence » vient du latin neglegere — construit avec nec, « ne pas », et legere, « recueillir » — signifiant « ne pas s'occuper de », « être indifférent à ») ; celle du désinvolte est si excessive qu'on en vient à percer son mystère : la désinvolture est le paradoxe de l'hyperémotif. Le désinvolte est un sensible ; le négligé, un insensible.
Ce qui me surprend toujours dans la
désinvolture (de l'italien disinvolto, « dégagé », issu du latin volvere, « dérouler » — d'où le sens psychologique : quiconque a l'« esprit déroulé » se sent libre, dégagé dans ses mouvements), c'est cette espèce d'aisance naturelle de l'individu à traverser le réel avec détachement, presque avec talent : il y a en elle comme l'affirmation — doucement provocatrice — d'une insoumission, d'une liberté effrontée ; la négligence trahit plutôt une incapacité à maîtriser les choses. La désinvolture est une philosophie du quotidien (...) ; la négligence n'a rien d'une sagesse.
La
désinvolture peut irriter ceux qui n'en ont pas le don : à leurs yeux, elle est insolence, impertinence (...). Bien sûr, pratiquée à l'extrême, avec moins d'art que d'irresponsabilité, la désinvolture peut mener à la décadence. (...) »

Rémi Bertrand
Un bouquin n'est pas un livre Les nuances des synonymes
Collection Le goût des mots
Editions Points

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21 décembre 2006

La machine à explorer le tant perdu

C'est dans ces moments où la conscience de soi se larve suffisamment d'indolence pour ne pas la soumettre à la sujétion de la raison que j'emprunte la machine. Je ne m'y installe pas volontairement, elle s'impose comme un hâle de givre, comme une chair de poule. Elle a ma peau.
La mécanique est toujours aussi froide mais elle se rode. La machine se règle petit à petit, au fur et à mesure de mes excursions corporelles, de mes incursions temporelles. Les douleurs du passage ont changé, le bruit également. Ou alors je m'y habitue. Ou alors je deviens sourd. Ce ne sont plus les crissements stridents et les couinements acérés des angles acerbes de ses rouages encore peu utilisés, mais c'est une oppression au plus profond - In the deepest, une prémonition -, celle de roues lourdes, crantées et contondantes qui s'enclenchent et se forcent. Celle d'engrenages puissants. C'est un bruit sourd.
Quand la machine s'emballe, elle devient pressante et enveloppante comme un étau de coton, pesante et glaçante comme un édredon de porcelaine. Elle se resserre et s'applique en pression, bloquant les veines, bouchant chaque pore, enfermant le corps jusqu'à l'oppresser, jusqu'à l'eau presser sans pouvoir en expulser une goutte. Ou alors une toute petite peinant à jaillir de l'œil le plus piqué par le gel.
De mes voyages dans ce temps aimé, dans ce tant perdu, je rapporte ses mots roses et ses mots rouges, ses soupirs et ses sourires. Son sourire. Parfois alors je retourne le cadre et me fige au goût de cette madeleine remâchée plaquée sur papier glacé. C'est là que le corps se réchauffe, que la glace se met à fondre et que des gouttes ruissèlent. Parfois.
Ce sourire. Ses baisers. Un baiser. Je dépends encore du tant d'un seul baiser et je suspends le temps à sa pensée comme à un vrai. Accroché là, celui-là n'est pas perdu.

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15 décembre 2006

Désinvolte fa(r)ce

Si je m'enlève cet air de rien, ça fait ien et j'ressemble plus à rien.
J'ai l'air d'un con.
Mais un con n'a pas forcément l'air d'un crétin.
Et un crétin ça n'en manque pas sinon on dirait que cétin, crétin.
Non, sans cet air de rien j'ai juste l'air d'un con.
J'arpente avec mes airs d'être heureux, même si ça s'voit peut-être pas toujours.
Mais très franchement j'm'en branle des eux tant que j'ai du thé, du hash et du x.
Sans l'air de grand chose mais avec quand même un faux air de quelque chose.
Et puis j'ai besoin de ces airs pour me donner un prénom sinon j'ai l'air d'un elfe.
Un elfe sans aile.

mix à 10:45... immixtion à 29

14 décembre 2006

Ex amen

Autant que j'adore t'appliquer en mélodies des mots à l'écrit,
J'aime peaufiner en chansons de gestes mes silences à l'oral.

Ensemble pas très convenable, doit faire beaucoup mieux...

mix à 15:48... immixtion à 9

13 décembre 2006

L'effleure du mâle

Ou Le rêve d'Adam

L'histoire ne dit pas si elle déroule le songe qui le tient éveillé ou s'il chemine dans son rêve à elle.
Mais c'est sous les voiles d'un paradis artificiel qu'il navigue. Puisqu'il est affaire de sens, autant les exacerber. Et au temps excommunier l'essence pour croire en une déesse. Il aime s'y déboussoler.
A la regarder ainsi dénudée de sa pudeur, il l'imagine aimant aussi s'y désorienter. Il la voit aimante, si désorientée, il la sent telle un aimant désorientant son sextant. Il aimerait un sexe-temps.
Il la désire amante sous des nuées de candeur. Des nuées à lisser les ailes de cet ange, à frémir de sa plume. Des nuées à frôler ses cambrures, à effleurer et insinuer ses nervures, ses fêlures. Des nuées à s'immiscer. Des nuées à faire valser, dénués de sens communs, des nuées à voler en éclats.
Ou n'en avoir que l'eau à la bouche, en avoir juste l'émoi sur le bout de la langue...

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07 décembre 2006

Bleus sûr

Ce soir j'ai ton ventre qui me fait mal. Ça fait un peu bizarre, ça tiraille.
Aucune question à se poser de toute façon. Aucune. De toute façon.
Mais ça fait quand même bizarre comme ça tiraille.
Si nous avions été un autre nous. Ce qu'il aurait pu être.
Ton ventre me fait mal, c'est bizarre. Il aurait pu. Elle.
Ce ventre qui me demande de l'embrasser, de l'embraser.
De toutes les façons.
Aucune question.
Bleus, c'est sûr.

mix à 23:35... immixtion à 11

04 décembre 2006

Et toi, tu fumes après l'amour ?

Elle : "Attends, attends ! Synchro !"
Moi : "Ok, on s'allume en même temps alors."
(...)
Elle : "De toute façon on sera encore pas synchros, tu es bien plus long que moi."

Oui parce que moi, faut qu'j'vous dise, je fume des JPS 100's, en fait.

mix à 16:01... immixtion à 16



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