immixtion

Human Friendly IndeBlog

18 décembre 2009

Les bleus s’effleurent d’une ronce

C’est comme si j’étais nu alors qu’il neige, le nez contre la vitre, faiblement éclairé par une flamme léchant une bûche, mais de l’autre côté. Toi aussi tu as froid.
Je vois ici mon plus beau jouet, confisqué, insaisissable.
C’est comme si je posais ma langue sur le capot gelé, qu’elle y reste collée, alors que j’ai encore le goût de la tienne qui m’attise comme jamais. Toi aussi tu es glacée.
J’imagine là ma plus douce friandise, subtilisée, inaccessible.

La proximité ne laisse le temps s’écouler aimablement que vers les couples fusionnels, plus fades, j’en suis sûr. Amants passionnés, amoureux désordonnés, nous aurions pu nous garder au plus beau de nous-mêmes sous une cloche de verre, comme tu l’as voulu un instant, mais les remords nous boufferaient encore, j’en suis sûr.
L’audace d’essayer, c’est le cran qu’il nous reste sans regret. Parce qu’on sait à présent qu’il sera moins amère de pleurer une absence que de se noyer dans une présence sans fond, et qu’il nous restera toujours le plus beau de nous-mêmes envers et contre toutes les cloches.
J’en suis sur, avec ou sans circonflexe, et ça pique la langue.

J’ai du mal à retenir ma bouche quand elle veut t’appeler mon amour, j’ai du mal à retenir mes lèvres quand aux tiennes elles désirent dire bonjour, j’ai du mal à retenir ma main quand elle voit poindre la chaleur de tes reins.
J’ai aussi du mal à retenir mes larmes quand elles perçoivent venir le drame, mais j’ai surtout tellement mal quand je vois que tu as si froid.
J’ai du mal à ne pas te dire encore une fois…

Ça pique, tellement j’ai froid malgré mes souvenirs de velours.

Restons-en las, parce que ce « las » vaut mieux que de s’épuiser, j’en suis sûr.

mix à 02:55



    04 janvier 2010

    Wouah! ça faisait longtemps!! toujours autant de plaisir à vous lire.
    belle année à vous

    Garance à 02:10

  • 19 janvier 2010

    Il est toujours plaisant d'apercevoir la lueur d'une plume en passant lors d'errances nostalgiques cela me laisse à croire qu'elle ne sont pas vaines, finalement...

    Malgré les frimas et la rigueur hivernale, vous lire à nouveau suscite toujours cette chaleur mélancolique. Triste et heureuse réapparition Mix.

    Tesla à 00:07



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